Le Mousso

Le Mousso

À la fin de l’été, j’ai eu le plaisir de visiter un restaurant que je convoitais depuis longtemps: Le Mousso. J’ai découvert le travail d’Antonin Mousseau-Rivard par le biais d’Instagram il y a de cela quelques années. La beauté des plats qui étaient présentés sur son fil d’actualité avait vite fait de me séduire et surtout, de me faire saliver. J’ai donc visité le restaurant du Musée d’Art Contemporain où il était chef propriétaire à l’époque. Je m’étais délectée. Puis, j’ai appris que Mousseau allait ouvrir un restaurant éponyme quelques mois plus tard.

Un mercredi soir d’août, avec deux amies de longue date, nous avons décidé de nous créer une occasion. Un 8 services nous attendait au Mousso, et mes attentes, elles, attendaient également d’être comblées.

Une fois sur place, j’ai pris le temps d’observer le décor, sobre, un peu brute au premier abord, mais qui trouve toute sa délicatesse dans les délicieuses toiles qui égaient les murs. Et lorsqu’on descend les escaliers, on plonge dans une belle surprise. On retrouve une cuisine ouverte à laquelle on a pratiquement accès. On a l’impression d’entrer en arrière-scène et de voir les coulisses de ce spectacle que sera notre long repas.

Une fois bien installées, et le vin servi, nous avons porté un toast, puis nous avons reçu le premier service décliné en trois petites mises en bouche. D’abord, de jeunes pousses de salade avec du cheddar de chèvre séché. Ensuite, des pommes de terre fumées au foin avec une crème sûre maison et des œufs de poisson volant. Puis, une huître fraîche agrémentée d’un tartare de wagyu à la moelle de wagyu. Comment vous expliquer l’extase ressentie en mangeant cette dernière bouchée! C’était gras en bouche, mais également totalement raffiné. Une bouchée parfaite entre terre et mer.

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D’ailleurs, le concept de terre et mer a été ressenti et surtout réinventé pratiquement tout au long des services, ce qui contribuait à rendre le menu estival et saisonnier; à noter que le menu mute à chaque saison.

Par la suite, nous avons reçu ce qui a été, à mon avis, le plus beau plat présenté durant la soirée : une tartelette à l’oursin. Une véritable œuvre d’art culinaire, avec une explosion de couleurs, de finesse et de saveurs. La croûte à l’encre de seiche avait le caractère d’une croûte à dessert, sans le sucre qui s’y rattache. La ganache à l’oursin était onctueuse et généreuse, le piment d’Espelette et les fleurs de saison quant à eux animaient le plat.
img_3560Le troisième service m’a beaucoup plu par son audace. Un tacos renouvelé et sa «chiée d’herbes», comme le chef aime à l’appeler! Il s’agissait d’un tacos à base de collagène de porc qui collait au palais comme le font les chicharrones mexicains tout en nous laissant un délicieux arrière-goût qu’on savoure bouchée après bouchée. Dans ce même tacos dont la texture n’était pas sans rappeler le papadum indien,  on retrouvait des crevettes nordiques à la sauce piquante avec des herbes fraîches entre menthe, coriandre et capucine. On avait même pris le soin de servir ce plat sur une serviette de table noire comme pour inviter le client à manger avec les mains sans remords!
img_3565Est ensuite arrivé le plat de pétoncles presque crus, avec radis, navets et champignons,  le tout servi avec un bouillon japonais, Dashi. On découvrait les pétoncles comme on ouvre un cadeau, en déballant chaque petite couche.

img_3573Le prochain plat, celui qui venait marquer la mi-repas, a sans doute été le plus sensationnel de tous. Il s’agissait d’un mets servi en extra, moyennant un petit supplément. Du homard (tout à fait cuit comme il se doit!), avec des asperges, des oignons fermentés, des champignons presque crus et de la peau de poulet pour le croquant et le goût. On nous offrait également l’option d’agrémenter le plat avec une truffe d’hiver (Australie) ou d’été (Italie). Nous avons opté pour la truffe australienne, puisque nous savons que les truffes d’hiver sont plus savoureuses et goûteuses. Sublime!
img_3578Nous avons ensuite mangé le flétan qui était déguisé en pétoncle et surmonté d’une charcuterie de cœur de cerf, servi avec une sauce babeurre et sapin, une salade tiède de légumes du Québec entre girolles, gourganes et oignons. Un plat extrêmement féminin.

img_3587Le dernier plat de résistance, intense, goûteux, presque dramatique par son allure était constitué d’une poitrine de canard laquée et grillée, avec des framboises lyophilisées, une purée de betterave, de la betterave grillée, de la peau de canard et une purée d’ail fermenté. La purée était purement divine. Toutefois, c’est probablement le plat qui m’a le moins plu étant donné le côté très prononcé et acidulé des betteraves et des framboises.
img_3592Pour terminer dûment notre expérience, parce qu’il s’agit réellement d’une expérience culinaire hors du commun, on nous a servi deux desserts bien distincts.

Le premier regroupait plusieurs ingrédients, dont de la meringue poivrée qui cachait des fraises à l’azote et du babeurre.
img_3597Le second, un autre de mes services favoris, un petit lait (popcycle!) de camomille, avec un crumble d’érable et un concassé de foie gras, surmonté de bégonias. Un plat délicat et absolument délectable, qui finissait tout en corps et en douceur.

img_3611Je m’attendais à beaucoup de ma visite dans ce restaurant. Et j’ai reçu encore plus! Seul petit bémol, les vins qui étaient moins dans mes cordes. Toutefois, c’est assurément une de mes expériences culinaires marquantes et un des meilleurs restaurants montréalais. L’aspect inusité des plats, la recherche des ingrédients et des accords gastronomiques, le côté artistique et très féminin des assiettes, la finesse et l’amalgame des saveurs et surtout, l’intensité à tous les points de vue m’ont interpellée. On ressent, dans ce restaurant et dans les plats de Mousseau, un héritage culturel très fort ralliant plusieurs arts d’une main de maître.


Le Mousso
1023 Rue Ontario E, Montréal, QC H2L 1P8

 

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